Malakoff

Ville précédente Retour à la carte Ville suivante

Cotes des microfilms aux archives départementales

Registres d'état civil
Naissances Mariages Décès
2MIEC2601884-1891 2MIEC2651884-1891 2MIEC2701884-1891
2MIEC2611892-1896 2MIEC2661892-1895 2MIEC2711892-1895
2MIEC2621897-1900 2MIEC2671896-1900 2MIEC2721896-1900
2MIEC2631901-1904 2MIEC2681901-1904 2MIEC2731901-1904
2MIEC2641905-1907 2MIEC2691905-1907 2MIEC2741905-1907

Histoire de la ville

Malakoff est, du moins administrativement, l’une des plus jeunes communes de France. Son histoire est cependant bien antérieure au décret qui officialise sa séparation d’avec Vanves, signé par le Président de la République Jules Grévy le 8 novembre 1883.

Un certain Alexandre Chauvelot né en décembre 1797, fils naturel d’Anne Chauveleau, ouvrière en linge, et d’Alexandre David, mercier, renonce très tôt au commerce familial pour devenir, sous le nom de son père, chansonnier ambulant. Rendu populaire par ses ritournelles d’abord assez lestes, puis plutôt engagées, il abandonne pourtant la chanson, reprend le nom de sa mère et ouvre une auberge rue Dauphine, à l’enseigne du Tambour.

L’urbanisation massive de Paris, le départ vers la banlieue d’une nombreuse population ouvrière chassée par la répression après la Révolution de 1848 vont alors l’aider à réaliser de nouveaux projets. Au sud de Paris, la plaine de Vanves fournit depuis des années les pierres à bâtir qui servent à construire les beaux immeubles de la capitale. Les terrains, éventrés par ces carrières, ne semblent avoir aucune valeur. Chauvelot choisit pourtant d’investir ses bénéfices en achetant jusqu’à 18 hectares de terrains qu’il revend par lots, et à bas prix, aux populations parisiennes les plus modestes. Le quartier qui naît rapidement est baptisé, non sans humour, "Nouvelle Californie du moellon et de la pierre" en référence à la ruée vers l’or qu’avait connu quelques années auparavant l’ouest des Etats-Unis.

Célébrée dans toute l’Europe et ses nombreuses colonies, la victoire de Malakoff (francisée pour l’occasion) par les zouaves de l'Armée Française donne à Chauvelot l’idée d’en faire l’éloge sur son propre territoire et d’attirer par la même occasion une population avide de divertissements après une si longue épreuve.

Il crée, au cœur de la Nouvelle Californie, un jardin extraordinaire constitué de collines, de grottes et de vallées profondes, de ponts, fortins, redoutes reconstituant les batailles de Crimée. Dominant tout le reste se dresse une tour dénommée Malakoff en hommage à cette victoire que l’on gravit en famille pour visiter la multitude des salons aménagés à l’intérieur. Aux alentours, piste de danse et buvettes attirent une foule exubérante.

Par autorisation spéciale de Napoléon III, la Nouvelle Californie prend le nom de Malakoff. Rien, pas même la mort en 1861 de son père fondateur, n’arrête l’extension de ce quartier de Vanves. Peu après la déclaration de guerre contre les Prussiens, le 19 juillet 1870, le maire de Vanves, Leplanquais fait pourtant abattre, sur ordre, la tour symbole qui rappelait trop cruellement une gloire passée. Cette catastrophe locale – vécue comme telle par les habitants du quartier – renforce de manière inattendue la cohésion de "ceux de Malakoff", attachés à ce qu’ils considèrent déjà comme un village dissocié de Vanves.

Après la Commune à laquelle s’étaient fédérés beaucoup de "Malakoffiots" (le terme n’était encore qu’exceptionnellement employé), la réélection du maire Leplanquais fait germer pour de bon l’idée d’une réelle autonomie. Les 4 000 habitants du quartier obtiennent du conseil municipal l’établissement d’une gare sur leur territoire puis, grâce au nouveau maire élu en 1873, l’accord pour la construction d’un groupe scolaire.

Quand Eugène Féburier, habitant de Malakoff, est à son tour élu maire en 1880, il obtient à force d’obstination la partition, votée le 22 août 1882 par 16 voix contre 2. Le décret officiel de la séparation sera publié le 8 novembre 1883 par Jules Grévy. Le premier conseil municipal de Malakoff se réunit le 1er février 1884 et élit Eugène Féburier maire des 6 700 habitants que compte la nouvelle commune.